
L’audit énergétique réglementaire est bien plus qu’une simple obligation administrative pour la vente : c’est la clé de voûte pour débloquer les financements et piloter efficacement votre projet de rénovation.
- Il chiffre précisément les scénarios de travaux, contrairement au simple DPE.
- Il est indispensable pour accéder aux aides majeures comme MaPrimeRénov’ Parcours Accompagné et l’Éco-PTZ à 50 000 €.
Recommandation : Ne le subissez pas comme une contrainte. Utilisez-le comme votre feuille de route stratégique pour valoriser votre bien et sécuriser votre budget travaux.
La valse des étiquettes énergétiques vous donne le tournis. Entre les interdictions de location qui se profilent et les obligations lors de la vente, le DPE est devenu une source d’angoisse pour de nombreux propriétaires. La question est sur toutes les lèvres : faut-il, oui ou non, réaliser un audit énergétique réglementaire pour vendre une maison ou un appartement classé E ? La réponse courte est : pas encore en 2024, mais c’est une vision à très court terme. L’obligation, déjà en vigueur pour les logements F et G, s’étendra aux biens classés E dès le 1er janvier 2025.
Cependant, s’arrêter à cette date serait une erreur stratégique. Beaucoup de propriétaires voient encore cet audit comme une dépense supplémentaire et une contrainte administrative. On compare son coût à celui du DPE, on se demande s’il est vraiment « utile ». Cette perspective passe à côté de l’essentiel. Et si, au lieu d’une contrainte, cet audit était en réalité votre meilleur allié ? Et s’il était le document fondateur qui transforme un projet de rénovation flou et anxiogène en un plan d’action chiffré, finançable et rentable ?
Loin d’être un simple papier, l’audit énergétique est un véritable plan directeur. Il ne se contente pas de constater, il propose des solutions. C’est le sésame qui ouvre la porte des financements les plus importants, qui vous aide à faire les bons choix techniques et qui sécurise votre investissement sur le long terme. Cet article va au-delà de la simple question de l’obligation. Nous allons décortiquer ensemble la valeur cachée de l’audit énergétique pour en faire votre principal levier de performance et de financement.
Pour y voir clair, nous allons explorer en détail les différences fondamentales entre le DPE et l’audit, comprendre pourquoi les estimations de travaux doivent être analysées, et comment utiliser ce document pour débloquer des aides substantielles et faire les meilleurs arbitrages pour votre patrimoine.
Sommaire : Guide complet de l’audit énergétique pour la vente et la rénovation
- DPE vs Audit énergétique : quelles différences concrètes dans les scénarios de travaux ?
- Pourquoi les coûts de travaux annoncés dans l’audit sont-ils souvent sous-estimés ?
- Rénovation par étapes ou globale : quel scénario de l’audit est le plus rentable à 20 ans ?
- Éco-PTZ : comment utiliser l’audit énergétique pour débloquer 50 000 € à taux zéro ?
- Qui a le droit de réaliser un audit énergétique opposable pour MaPrimeRénov’ ?
- Changer les fenêtres ou isoler le toit : quel geste rapporte le plus de points DPE ?
- Gain de 35% d’énergie primaire : comment prouver l’atteinte de l’objectif pour toucher la prime ?
- Rénovation globale : comment cumuler MaPrimeRénov’ Parcours Accompagné et les CEE ?
DPE vs Audit énergétique : quelles différences concrètes dans les scénarios de travaux ?
Trop souvent confondus, le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) et l’audit énergétique réglementaire n’ont ni le même objectif, ni la même profondeur. Le DPE est une photographie : il évalue la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre pour attribuer une note, de A à G. S’il propose des recommandations de travaux, celles-ci restent génériques. L’audit énergétique, lui, est un véritable plan d’action personnalisé. Réalisé par un professionnel qualifié, il constitue une analyse thermique et architecturale complète de votre logement.
La différence fondamentale réside dans le niveau de détail et l’engagement. Là où le DPE suggère « d’isoler les murs », l’audit propose des scénarios précis : il spécifie le type de matériau, l’épaisseur requise, la technique de pose (par l’extérieur ou l’intérieur) et surtout, il chiffre le coût de l’opération et les aides mobilisables. C’est le passage d’une simple suggestion à une véritable proposition technique et financière, comme le montre la comparaison ci-dessous.

Cette distinction est cruciale car elle conditionne l’accès aux financements. Le DPE, bien qu’opposable juridiquement, ne débloque aucune aide spécifique. L’audit, en revanche, est le document indispensable pour prétendre aux dispositifs les plus puissants. Pour bien comprendre les implications de chaque document, le tableau suivant synthétise leurs portées respectives.
Le tableau suivant, basé sur une analyse comparative des deux diagnostics, met en lumière leurs différences fondamentales en termes d’engagement et de potentiel financier.
| Critère | DPE | Audit énergétique |
|---|---|---|
| Opposabilité | Le nouveau DPE est dorénavant opposable juridiquement. Il garantit une meilleure protection aux acquéreurs et aux locataires | Engage la responsabilité de l’auditeur si les performances ne sont pas atteintes |
| Financement débloqué | Aucun financement spécifique | Le sésame indispensable pour prétendre aux dispositifs d’aides comme MaPrimeRénov’ ou l’éco-prêt à taux zéro |
| Précision des travaux | Recommandations générales | Scénarios chiffrés avec matériaux spécifiés |
En somme, choisir entre DPE et audit, c’est comme choisir entre une carte routière générale et un GPS avec guidage pas à pas et calcul du budget péage. Le premier vous donne une direction, le second vous fournit l’itinéraire optimisé pour arriver à destination.
Pourquoi les coûts de travaux annoncés dans l’audit sont-ils souvent sous-estimés ?
L’un des principaux atouts de l’audit énergétique est de fournir une estimation chiffrée des travaux. Cependant, les propriétaires sont parfois surpris de voir les devis des artisans dépasser ces montants. Il est crucial de comprendre que l’estimation de l’audit est une base de travail, pas un devis ferme. Plusieurs facteurs expliquent ces écarts potentiels et il est essentiel de les anticiper pour dé-risquer son projet de rénovation.
Premièrement, les coûts de la main-d’œuvre et des matériaux fluctuent et varient considérablement d’une région à l’autre. Un auditeur se base sur des ratios moyens nationaux qui peuvent ne pas refléter la réalité de votre marché local. Deuxièmement, l’audit se concentre sur les lots techniques liés à l’énergie (isolation, chauffage, ventilation), mais n’intègre pas toujours les coûts périphériques : travaux de finition (peinture, placo), gestion des déchets, ou encore la nécessaire mise aux normes du tableau électrique lors de l’installation d’une pompe à chaleur. Ces « coûts cachés » sont une réalité de tout chantier.
Je viens de faire changer le système de chauffage avec une aide de ma prime renov, mais les coûts annexes de mise aux normes électriques et de reprise de l’installation existante n’étaient pas inclus dans l’estimation initiale de l’audit, rajoutant 15% au budget prévu.
– Un propriétaire
Enfin, le coût de l’audit lui-même doit être budgété. Bien qu’éligible à MaPrimeRénov’, le coût de l’audit énergétique varie généralement entre 800 et 1 500 euros, un montant à avancer. Votre rôle est donc d’utiliser l’audit comme un outil pour challenger les devis et construire un budget global réaliste. Pour ce faire, une vérification méthodique s’impose.
Checklist pour challenger les devis face à l’audit
- Points de contact et ponts thermiques : Vérifiez que le devis inclut bien le traitement des ponts thermiques (liaisons murs/fenêtres, murs/planchers) spécifiquement mentionné dans le rapport d’audit.
- Collecte des caractéristiques techniques : Comparez la résistance thermique (R) du matériau isolant proposé dans le devis avec celle préconisée dans l’audit. Elle doit être égale ou supérieure.
- Cohérence du périmètre : Confrontez le devis à l’audit pour lister les coûts périphériques non inclus : finitions, gestion des déchets, impact sur le réseau électrique, location d’échafaudage.
- Vérification des taux : Repérez le taux de TVA appliqué sur chaque ligne du devis (5.5% pour la rénovation énergétique, 10% ou 20% pour d’autres postes) et assurez-vous de sa conformité.
- Plan d’intégration des frais annexes : Assurez-vous que le coût de la mission de Mon Accompagnateur Rénov’ est bien intégré au budget global du projet, car il est souvent obligatoire.
Loin de discréditer l’audit, ces écarts potentiels soulignent son rôle : vous donner les armes techniques pour dialoguer d’égal à égal avec les artisans et construire un plan de financement qui tient la route.
Rénovation par étapes ou globale : quel scénario de l’audit est le plus rentable à 20 ans ?
L’une des plus grandes forces de l’audit énergétique est qu’il ne propose pas une, mais plusieurs routes vers la performance. Il présente obligatoirement un scénario de rénovation par étapes et un scénario de rénovation globale (visant à atteindre la classe B en une seule fois). Faire le bon arbitrage éclairé entre ces deux stratégies est déterminant pour la rentabilité de votre projet et votre confort futur.
La rénovation par étapes semble séduisante de prime abord : elle permet d’étaler l’investissement. On peut commencer par isoler le toit une année, puis changer les fenêtres trois ans plus tard. Cependant, cette approche comporte des pièges. Chaque intervention implique des coûts fixes (installation de chantier, etc.) qui se multiplient. De plus, les aides financières sont souvent moins généreuses pour les gestes isolés. Pire, une première étape mal conçue peut compromettre la suite. Par exemple, changer sa chaudière avant d’isoler peut vous empêcher d’atteindre le saut de classe énergétique requis plus tard pour obtenir les aides de MaPrimeRénov’ Parcours Accompagné.
Le piège de la première étape mal conçue
L’audit énergétique est conçu pour que l’un des trois scénarios proposés permette d’atteindre une très bonne performance énergétique, souvent la lettre B. Pour bénéficier des aides maximales comme celles du Parcours Accompagné, il est impératif de suivre l’un de ces parcours. Un propriétaire qui choisirait de changer sa chaudière en premier lieu, hors du cadre d’un scénario de l’audit, pourrait se retrouver dans une situation où le gain de performance restant à réaliser est insuffisant pour atteindre le seuil exigé par les aides, bloquant ainsi l’accès à des milliers d’euros de subventions pour les étapes suivantes d’isolation.
La rénovation globale, bien que nécessitant un investissement initial plus important, présente des avantages financiers et techniques considérables sur le long terme. Elle permet de traiter l’enveloppe du bâtiment de manière cohérente, en supprimant tous les ponts thermiques en une seule fois. Surtout, elle ouvre droit au maximum des aides, incluant MaPrimeRénov’ Parcours Accompagné, les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) et l’éco-prêt à taux zéro. Le cumul de ces dispositifs peut réduire drastiquement le reste à charge, rendant l’opération beaucoup plus rentable à 20 ans.
L’audit vous donne précisément les clés de cette décision : il chiffre les coûts, les économies d’énergie et les aides pour chaque scénario, vous permettant de modéliser la rentabilité de votre investissement.
Éco-PTZ : comment utiliser l’audit énergétique pour débloquer 50 000 € à taux zéro ?
L’éco-prêt à taux zéro (Éco-PTZ) est un outil de financement majeur, permettant d’emprunter jusqu’à 50 000 € sans intérêt pour des travaux de rénovation performante. Or, pour débloquer ce montant maximal, l’audit énergétique n’est pas une option : il est le document central de votre dossier. Il se transforme en véritable business plan de votre rénovation, apportant à la banque la garantie technique et la visibilité financière dont elle a besoin pour valider votre demande.
Pour un banquier, un projet de rénovation énergétique peut paraître flou et risqué. L’audit lève toutes les incertitudes. Il prouve que les travaux envisagés sont pertinents, qu’ils ont été définis par un expert et qu’ils vont générer des économies d’énergie substantielles. En démontrant la future baisse de vos factures, l’audit augmente mécaniquement votre « reste à vivre » perçu par la banque, ce qui la rassure sur votre capacité de remboursement. C’est un argument massue pour sécuriser l’accord de prêt.

Cependant, pour que la magie opère, il faut suivre un parcours administratif rigoureux. Une seule erreur, comme la signature d’un devis avant l’accord de la banque, peut faire capoter tout le processus et vous priver de l’Éco-PTZ. Le chemin, de l’audit à l’obtention des fonds, est balisé et ne tolère aucun écart.
Parcours étape par étape de l’audit à la banque
- Étape 1 : Réalisation de l’audit énergétique par un professionnel certifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement).
- Étape 2 : Sélection d’un ou plusieurs artisans également certifiés RGE et obtention de devis détaillés, parfaitement conformes aux scénarios préconisés par l’audit.
- Étape 3 : Remplissage du « formulaire emprunteur » de l’Éco-PTZ avec l’aide de votre artisan RGE, qui le co-signera.
- Étape 4 : Présentation du dossier complet à la banque, incluant l’audit, les devis et le formulaire, impérativement AVANT la signature de quelque devis que ce soit.
- Piège n°1 : Ne JAMAIS signer un devis ou verser un acompte avant d’avoir reçu l’accord de prêt définitif et écrit de la part de la banque.
En utilisant l’audit comme pièce maîtresse de votre dossier, vous ne demandez pas un simple prêt : vous présentez un projet d’investissement solide, documenté et à la rentabilité démontrée.
Qui a le droit de réaliser un audit énergétique opposable pour MaPrimeRénov’ ?
La crédibilité de votre projet de rénovation et votre éligibilité aux aides reposent entièrement sur la qualité et la conformité de l’audit énergétique. C’est pourquoi la réglementation est très stricte : tous les diagnostiqueurs ne sont pas habilités à réaliser un audit réglementaire opposable, celui qui est exigé pour la vente des passoires thermiques et pour le parcours accompagné MaPrimeRénov’. Choisir le bon professionnel est donc la toute première étape de votre projet. Le critère non-négociable est la qualification RGE Études.
Un professionnel « Reconnu Garant de l’Environnement » (RGE) pour la partie « Études » a suivi une formation spécifique, dispose des assurances obligatoires (notamment une assurance décennale) et est régulièrement contrôlé. Cette certification garantit sa compétence à réaliser une analyse approfondie et à utiliser les logiciels de calcul thermique réglementaires. La liste des professionnels habilités inclut :
- Les bureaux d’études thermiques et les économistes de la construction qualifiés « RGE Études ».
- Les entreprises d’architectures et les architectes inscrits à l’ordre et ayant suivi une formation complémentaire.
- Les diagnostiqueurs immobiliers certifiés DPE, mais qui doivent obligatoirement détenir une qualification supplémentaire « Audit énergétique ».
Le professionnel doit être un climaticien, un thermicien ou s’être inscrit à l’ordre des architectes et avoir reçu une certification spécifique d’au moins 4 jours
– Allodiagnostic, Guide de l’audit énergétique
Au-delà de la certification, la posture du professionnel est essentielle. Un bon auditeur ne se contente pas de vous remettre un rapport. Il prend le temps de vous l’expliquer, de répondre à vos questions et de s’assurer que vous comprenez bien les différents scénarios. Pour vous aider à choisir le bon partenaire, voici quelques questions à lui poser lors du premier contact.
Questions pour interviewer son futur auditeur
- Avez-vous une assurance responsabilité civile professionnelle et décennale spécifique pour l’activité d’audit énergétique ?
- Comment vous tenez-vous à jour des évolutions constantes des aides financières et des critères techniques (MaPrimeRénov’, CEE, etc.) ?
- Quel est votre rôle une fois le rapport d’audit remis ? Proposez-vous un accompagnement pour l’analyse des devis ?
- Pouvez-vous me présenter un exemple de rapport d’audit que vous avez réalisé, en version anonymisée ?
- Proposez-vous, en option, un service de vérification de la conformité des devis des artisans par rapport à vos préconisations ?
N’oubliez pas que l’auditeur est la première brique de votre projet. Sa compétence et son sérieux conditionnent la solidité de tout l’édifice qui suivra.
Changer les fenêtres ou isoler le toit : quel geste rapporte le plus de points DPE ?
Face à un budget contraint, la question de la priorité des travaux est centrale. L’audit énergétique y répond en hiérarchisant les actions selon leur efficacité. Si tous les gestes contribuent à la performance, ils n’ont pas le même impact sur l’étiquette DPE ni le même retour sur investissement. Comprendre cette hiérarchie est essentiel pour optimiser chaque euro dépensé.
La physique du bâtiment est claire : la chaleur monte. L’isolation des combles ou de la toiture représente donc systématiquement le geste le plus rentable. C’est là que se situent jusqu’à 30% des déperditions thermiques d’une maison mal isolée. Isoler le toit offre le meilleur ratio « euros investis / kWh économisés » et provoque souvent un saut de classe énergétique significatif. D’ailleurs, l’audit propose plusieurs scénarios de travaux permettant d’améliorer la performance du logement, avec un gain qui peut atteindre deux classes énergétiques pour un bouquet de travaux incluant l’isolation des combles et l’installation d’une VMC.
Viennent ensuite l’isolation des murs, puis le remplacement des fenêtres. Si le changement de menuiseries pour du double, voire triple vitrage, a un impact spectaculaire sur le confort ressenti (suppression de l’effet « paroi froide », isolation phonique), son impact sur la consommation globale est souvent moins important que celui d’une bonne isolation des murs. Enfin, le système de chauffage et la ventilation (VMC) sont les derniers maillons. Installer une pompe à chaleur performante dans une « passoire » non isolée revient à vouloir remplir une baignoire percée : l’énergie produite s’échappera aussitôt.
Le tableau suivant offre une matrice de décision simple pour visualiser les priorités en fonction de vos objectifs : gain DPE, confort ou rentabilité.
| Type de travaux | Impact saut DPE | Impact confort | Ratio €/kWh économisé |
|---|---|---|---|
| Isolation toit | +++ | ++ | Excellent |
| Fenêtres double vitrage | ++ | +++ | Moyen |
| Isolation murs | +++ | +++ | Bon |
| VMC double flux | + | +++ | Moyen |
L’audit vous guide dans cet arbitrage en quantifiant précisément le gain énergétique de chaque geste, vous permettant de construire le parcours de rénovation le plus intelligent pour votre logement et votre budget.
Gain de 35% d’énergie primaire : comment prouver l’atteinte de l’objectif pour toucher la prime ?
L’obtention de nombreuses aides, notamment dans le cadre de MaPrimeRénov’, est conditionnée à l’atteinte d’un objectif de performance, comme un gain minimum de 35% sur la consommation d’énergie primaire ou un saut d’au moins deux classes DPE. L’audit énergétique le calcule en amont, mais c’est à vous, propriétaire, de prouver en aval que les travaux réalisés respectent bien les préconisations et ont permis d’atteindre cette performance. La constitution de ce dossier de preuves commence dès le premier jour du chantier.
L’administration (Anah) effectue des contrôles et peut exiger des justificatifs précis sur la nature et la qualité des matériaux posés. Sans ces preuves, le versement des primes peut être retardé, voire refusé. Il est donc impératif d’adopter une démarche rigoureuse de documentation tout au long des travaux. Vous devez devenir le « gardien de la preuve » de votre propre chantier. Cela passe par la collecte systématique de documents techniques et la prise de photographies à des étapes clés.
Par exemple, il est crucial de prendre des photos des isolants posés sur les murs ou dans les combles avant la fermeture des cloisons ou des plafonds. Ces clichés, datés, constitueront une preuve irréfutable de l’épaisseur et du type d’isolant réellement mis en œuvre. De même, conserver les emballages ou les fiches produits mentionnant les certifications (ACERMI pour les isolants, par exemple) est une précaution indispensable.
Pour vous assurer de ne rien oublier et de sécuriser le versement de vos aides, une checklist de réception de chantier s’impose. Elle vous permettra de rassembler tous les éléments nécessaires pour attester de la qualité et de la conformité de votre rénovation.
Checklist de réception de chantier pour sécuriser les preuves
- Vérifier les références exactes : Comparez les références (marque, modèle, épaisseur) des isolants et équipements posés avec celles indiquées sur les devis et factures.
- Demander et conserver les fiches techniques : Exigez de l’artisan les fiches techniques de tous les produits installés (isolants, fenêtres, système de VMC, pompe à chaleur).
- Prendre des photos pendant les travaux : Photographiez les isolants avant la fermeture des cloisons, les étiquettes des produits, les détails de mise en œuvre (traitement des points de jonction).
- Exiger les certifications produits : Demandez et conservez les certificats ACERMI des isolants ou les labels équivalents pour les autres équipements, qui garantissent leur performance.
- Conserver toutes les factures détaillées : Assurez-vous que les factures mentionnent précisément les caractéristiques techniques des matériaux et équipements fournis, ainsi que leur résistance thermique (R) pour les isolants.
En anticipant la phase de justification, vous transformez une potentielle source de stress administratif en une simple formalité, garantissant ainsi le bon versement des aides qui vous sont dues.
À retenir
- L’audit énergétique n’est pas une contrainte, mais un outil stratégique de pilotage qui chiffre les travaux et sécurise le financement.
- L’ordre des démarches administratives est non-négociable : 1. Mon Accompagnateur Rénov’, 2. Demande de CEE, 3. Dépôt du dossier MaPrimeRénov’. Toute erreur peut annuler les aides.
- La rénovation globale, bien que plus coûteuse au départ, est souvent plus rentable à long terme grâce à un accès maximisé aux aides cumulables.
Rénovation globale : comment cumuler MaPrimeRénov’ Parcours Accompagné et les CEE ?
La stratégie de la rénovation globale est sans conteste la plus vertueuse sur le plan énergétique, mais aussi la plus intéressante financièrement grâce au cumul des aides. L’audit énergétique est ici la pièce maîtresse qui permet de viser le dispositif MaPrimeRénov’ Parcours Accompagné, le plus généreux, et de le cumuler avec d’autres aides comme les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE). Cependant, ce cumul s’apparente à un parcours administratif où l’ordre des étapes est d’une importance capitale.
L’erreur la plus fréquente et la plus dramatique est de signer un devis avant d’avoir initié les demandes d’aides. La règle d’or, martelée par tous les conseillers France Rénov’, est la suivante : aucune dépense ne doit être engagée avant le dépôt officiel des dossiers. Le non-respect de cette « antériorité de la demande » entraîne une perte définitive et irrémédiable des aides correspondantes. Le chemin critique pour un cumul réussi est strict et doit être suivi à la lettre.
L’orchestration de ce montage financier est le rôle de Mon Accompagnateur Rénov’, un interlocuteur obligatoire pour le Parcours Accompagné. C’est lui qui vous guidera pour déposer les dossiers dans le bon ordre : d’abord la demande de CEE auprès d’un obligé (fournisseur d’énergie), puis le dépôt du dossier MaPrimeRénov’. C’est seulement après avoir reçu les notifications d’accord que les devis pourront être signés.
Plan de financement intégré : l’exemple d’un reste à charge nul
Prenons un projet réel de rénovation globale pour une maison « passoire thermique » : isolation complète des murs par l’extérieur, isolation des combles, remplacement des fenêtres et installation d’une pompe à chaleur, pour un coût total de 50 000 €. Grâce à un audit énergétique ayant préconisé ce scénario, le propriétaire a pu monter le plan de financement suivant : 25 000 € de MaPrimeRénov’ Parcours Accompagné (selon ses revenus), 6 000 € de prime CEE, et un Éco-prêt à taux zéro de 19 000 € pour couvrir le solde. Résultat : un reste à charge de 0 €. Ce montage, rendu possible par l’audit, transforme un projet inaccessible en une opération financièrement neutre.
Votre projet de rénovation énergétique, guidé par l’audit, n’est donc pas une dépense mais un investissement dans la valeur de votre patrimoine. L’étape suivante consiste à vous faire accompagner pour transformer ce plan en réalité. Prenez contact avec un conseiller France Rénov’ ou un Accompagnateur Rénov’ agréé pour initier votre projet sur des bases solides.
Questions fréquentes sur l’audit énergétique réglementaire
Combien de temps est valable un audit énergétique ?
Un audit énergétique réglementaire a une durée de validité de 5 ans. Si vous réalisez des travaux de rénovation énergétique entre-temps, il est fortement conseillé d’en réaliser un nouveau pour refléter la nouvelle performance de votre logement, notamment avant une vente.
Quelle est la différence entre un audit incitatif et un audit réglementaire ?
L’audit réglementaire est celui qui est obligatoire pour la vente des passoires thermiques (classes F et G, et bientôt E). Son contenu et sa méthodologie sont strictement encadrés par la loi. L’audit incitatif est une démarche volontaire, souvent demandée par un propriétaire pour préparer un projet de rénovation afin d’obtenir des aides comme MaPrimeRénov’. Dans les faits, l’audit réglementaire, plus complet, sert aujourd’hui de base à la plupart des demandes d’aides pour les rénovations d’ampleur.
L’audit énergétique est-il aussi obligatoire pour la location ?
Non, à ce jour, l’audit énergétique n’est pas obligatoire pour la mise en location d’un bien. C’est le DPE qui fait foi. En revanche, les logements classés G+ sont déjà interdits à la location depuis 2023, les G le seront en 2025, et les F en 2028. Réaliser un audit peut donc être une démarche pertinente pour anticiper ces échéances et planifier les travaux nécessaires pour pouvoir continuer à louer son bien.